Reconstruction du ligament fémoro-patellaire médial (MPFL)
Reconstruction du ligament fémoro-patellaire médial (MPFL) : Stabilisation de la rotule après luxations récidivantes
Anatomie
La rotule est un os situé à l'avant du genou, qui glisse dans une gorge du fémur appelée trochlée. Sa stabilité dépend de la forme des os, de l'alignement du membre inférieur, de l'action des muscles et de plusieurs structures ligamentaires. Parmi elles, le ligament patello-fémoral médial, ou MPFL, joue un rôle essentiel. Il relie la partie interne de la rotule au fémur et s'oppose au déplacement externe de la rotule.
Le MPFL est le principal frein à la luxation latérale de la rotule dans les premiers degrés de flexion du genou. Lors d'une luxation de rotule, il est très souvent distendu ou rompu, ce qui favorise les récidives et l'instabilité rotulienne.
Indications
La reconstruction du MPFL est une intervention indiquée en cas d'instabilité de rotule, en particulier après des épisodes répétés de luxation ou de subluxation. Elle peut également être discutée après une première luxation lorsqu'il existe des facteurs anatomiques favorisant la récidive.
L'objectif de la chirurgie est de restaurer un frein médial efficace pour recentrer la rotule et limiter le risque de nouvelle luxation. La reconstruction du MPFL peut être réalisée seule ou associée à d'autres gestes, par exemple en cas de dysplasie trochléenne, de rotule haute ou d'anomalie d'alignement.
Préparation avant la chirurgie
Avant l'intervention, le chirurgien réalise un examen clinique complet afin d'évaluer la stabilité de la rotule, la souplesse du genou et les facteurs favorisants. Le bilan d'imagerie comprend : radiographies, scanner, IRM. Ces examens permettent d'analyser l'anatomie de l'articulation, de rechercher des lésions du cartilage et de planifier précisément l'intervention.
Un bilan préopératoire anesthésique est réalisé. La chirurgie est souvent programmée en ambulatoire ou avec une courte hospitalisation. Le patient reçoit des consignes concernant le jeûne, la préparation cutanée et l'organisation du retour à domicile.
Déroulement de l'intervention
La reconstruction du MPFL consiste à recréer le ligament rompu à l'aide d'un greffon tendineux, le plus souvent prélevé sur les ischio-jambiers. Ce greffon est fixé entre la rotule et le fémur afin de reproduire le trajet et la tension du ligament naturel.
L'intervention se fait sous anesthésie loco-régionale ou générale. Elle est associée à une arthroscopie du genou pour évaluer l'état du cartilage et rechercher d'éventuelles lésions associées. La position et la tension du greffon doivent être très précises afin de stabiliser la rotule sans excès de contrainte. La durée de l'opération varie selon les gestes associés.
Anesthésie loco-régionale ou générale
Résultats et récupération
L'appui protégé entre deux béquilles est en général autorisé rapidement après l'intervention. Une attelle articulée sera prescrite pour une durée de 45 jours. L'arrêt de travail dépend du métier exercé : souvent 6 semaines pour un travail sédentaire, et 3 mois pour une activité physique ou impliquant de nombreux déplacements. La conduite peut être reprise lorsque la marche est sécurisée, que le contrôle du membre inférieur est suffisant et que la douleur est bien maîtrisée.
La rééducation est essentielle après reconstruction du MPFL. Elle vise à récupérer l'amplitude, renforcer le quadriceps et restaurer la confiance dans le genou. La reprise du sport est progressive, souvent entre 4 et 6 mois selon le niveau d'activité et l'évolution clinique.
La reconstruction du MPFL donne généralement de bons résultats sur la stabilité de la rotule et permet de réduire nettement le risque de récidive de luxation. Elle améliore souvent la confiance, la fonction du genou et la reprise des activités sportives. Il existe cependant un taux d'échec non négligeable de 15% qui correspondent à une récidive de la luxation de la rotule malgré une chirurgie bien réalisée.
Complications
Comme toute chirurgie, cette intervention expose à certains risques : infection, hématome, phlébite, raideur du genou, douleurs persistantes, gêne sur le trajet du greffon.
Une tension excessive ou insuffisante du ligament reconstruit peut entraîner une douleur rotulienne ou une instabilité persistante. Plus rarement, on peut observer une fracture de rotule, un problème de fixation ou une récidive.
Iconographie



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